Mémoire
déposé à la Commission des Institutions
concernant les
Enfantsde Duplessis

par

Marcel Blais
Gustave Imbert

FÉVRIER 1997


TABLE DES MATIÈRES

Page titre

Dédicace et notes d'usage...

Objet:      Mémoire sur les Enfants de Duplessis. Sans préjudice.

Présentation

1 Un peu d'histoire...
1.2 Contextualisation...
1.3 Histoire-mémoire...
1.3.1 Nous, en tant qu'Enfants de Duplessis...
1.3.2.1 Lamisère.
1.3.2.2 Mon enfance.
1.3.2.3 Ce que je ressent.
1.3.2.4 Ce que je voudrais que le gouvernement fasse.
1.3.2.5 Le poème de St-Valentin (dit: Poème des Enfants de Duplessis)
1.4 De cette histoire-mémoire, retenons...
2 Quelques éléments préjudiciels...
2.1 Quelques exemples de préjudices préjudiciels...
2.2 De ces quelques éléments préjudiciels, retenons...

Pour ne pas conclure...

Recommandations

Indication de notes

Indication de citations

Source rédactionnelle

Remerciements

Adressographie

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Dédicace et notes d'usage...

 

"Il est un temps pour naître et un temps pour mourir,
un temps pour planter et un temps pour déraciner ce qui était planté"
L'Ecclésiaste 3,2 *

 

*Ce mémoire est dédié:

-

A Ce-lui du «Chène des Pleurs» au "au milieu d'un buisson" (Vaychla'h 35,8 et Chemot 3,2)*;
-

A Père et Mère;
-

A Frère et Soeur;
-

A Frère et Soeur;
-

A la Famille;
-

A toutes ces personnes "matricidées" ** ou "avortées";
-

A toutes ces personnes "mort-nées" ou "commercées";
-

A toutes ces personnes qui ont fermé les yeux avant ou pendant la «créchardisation», l'»orphelinisation», l'institutionnalisation;
-

A toutes ces personnes qui se sont enlevées la vie pendant ou après leur passage institutionnel parce que trop «fatiguées» de vivre cette «mort-vivante» ou à cause de leur statut d'Enfants Illégitimes, «Abandonnés»;
-

A toutes ces personnes qui, de l'époque de l'Enfance-de-Duplessis, y sur-vivent tant bien que mal de l'intérieur, de l'extérieur;
-

A toutes ces femmes dont les pleurs ne cessent de «larmer» la souffrance liée à l'abandon, au rejet, à l'exclusion, à la mécompréhension, à la honte, au silence;
-

A tous ces hommes dont la semence les a quitté ou échappé;
-

A toutes ces personnes qui nous ont aidés ou qui nous aident à vivre...sur-vivre... .

* Notes d'usage:

-

"L'utilisation de la forme masculine ou féminine désigne aussi bien les femmes que les hommes." (Fafouin)***.
-

Certains des propos contenus dans ce mémoire peuvent toucher ou choquer la pudeur ou la conscience nationale québécoise, prière de les assumer ou de les retenir, et ce, sans préjudice à la faute ni même au préjudice ni contre la vérité, la sagesse. Ya-hou, Shalom.

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"... avec les yeux du coeur...
... avec les yeux des mal aimés..."
Boulet, Gerry****

Monsieur Lucien Bouchard
Premier Ministre
Cabinet du Premier Ministre
Gouvernement du Québec
Hôtel du Parlement
885, Grande Allée est
Edifice J, 3ème étage
Québec      Qc G1A 1A2

Drummondville, le 17 février 1997

Objet:      Mémoire sur les Enfants de Duplessis. Sans préjudice.


Monsieur Lucien,

      Il nous fait plaisir, par la présente, de déposer une réflexion-mémoire sur les Enfants de Duplessis. Quelques recommandations suivront, histoire d'associer la Province du Québec ou les autorités concernées à éveiller ce dont il est possible de re-connaître et/ou de re-construire, et ce, sans jugement discriminatoire précipité (sans préjudice ni non plus par la voie - trop délicate - des accusations dites, tendrement-parfois, prématurées ou légalement invalides), "avec les yeux du coeur, les yeux des mal aimés", quelques pistes ou quelques espaces de libération et/ou d'autodétermination, de libertés et de présences humaines... .

      Les Enfants de Duplessis constituent un dossier difficile à aménager, d'autant plus délicat qu'il appartient à l'histoire du Québec. Ce dossier ne cesse, semble-t-il, de relancer ou de refouler des questionnements entourant la gestion et l'administration des identités collectives et individuelles, surtout celles concernant des difficultés majeures de légitimation et d'inclusion nationales précises (...matricide, génocide et/ou eugénisme de nature politico-religieuse, socio-culturelle, économique...) qu'habituellement l'histoire tendrait à associer à des mécanismes de "solution-finale", ou-encore, à des processus inspirant -maladroitement ou non- des éléments en lien avec tout quelconque processus lié à ce que l'on désignerait "crime-d'humanité". Vers un régime d'aide sans égard à la faute...? Oui, et ce, en autant que les raisons l'intéressant soient au moins les plus justes ou les plus exactes et nobles que possible... .

      Il va sans rappeler que la présence des Enfants de Duplessis inquiète non seulement le coeur de la Province du Québec, mais aussi précisément son intégrité, sa crédibilité ou ses orientations épistémologiques fondamentales d'intérêts politiques, religieux et sociaux. Cette présence tend à faire re-connaître que leur histoire repose moins sur des activités d'anthérézoides (quand ces personnes provenaient de feuilles de choux) que sur la rencontre entre deux personnes-humaines d'abord et avant tout... . Des personnes appelées, de la cellule familiale aux différenciations patrimoniale et nationale, à assumer leur propre histoire... leur propre tradition... leurs propres moeurs et coutumes, leur propre éthos.... leur propre idiome mental, socio-culturel... .

      En tant qu'Enfants de Duplessis, sommes-nous, oui ou non, des personnes-humaines d'abord... et avant tout? Sommes-nous conscients que grandir «en dehors» des structures familiales -sous la mention de "bâtard-e-s" ou de "son of a bitch" (Enfance Abandonnée, Illégitime...) -, c'est particulièrement stressant, pour ne pas écrire parfois carrément mortel... Bof... !

      D'autres questions peuvent être ici annoncées ou ajoutées aux délibérations relativement à l'histoire de l'Enfance-de-Duplessis et, par conséquent, à celle de la Province du Québec. Contentons-nous de les retenir ou de les indiquer en temps et lieux. Quelques réponses arriveront... sûrement... .

      Espérant cette réflexion-mémoire accueillir favorablement votre attention, recevez, Monsieur Lucien, au nom de nos semblables et en notre nom personnel, l'expression de nos sentiments distingués.

      ...Avec les yeux-du-coeur...

Gustave Imbert

Enfant de Duplessis
Ailleurs et autrement
Déficient mental,
Malade mental,
Mésadapté socio-affectif... .

405, rue des Ecoles, A-08
Drummondville Qc
J2B 1J3
Téléphone: 8l9-478-3899
Télécopie : 8l9-477-0972

Marcel Blais (Fafouin)

Enfant de Duplessis
Ailleurs et autrement
Déficient mental,
Malade mental,
Mésadapté socio-affectif... .

405, rue des Ecoles, A-08
Drummondville Qc
J2B 1J3
Téléphone: 8l9-478-3899
Télécopie : 8l9-477-0972

 

nota bene: Gustave et moi serions intéressés à présenter notre mémoire devant la commission des institutions sur les Enfants de Duplessis, qui aura lieu le ou vers le 11 mars prochain. Merci.

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Présentation
"Il fut soir, il fut matin,
- un jour."
Berechit 1,5*

 

      Dans son ensemble, l'histoire de l'Enfance-de-Duplessis repose sur la semence-humaine plus ou moins autorisée politiquement, religieusement et socialement. Quand naître ou vivre en dehors de la conscience des uns des autres annonçait des activités en relation avec du préjudice-humain irréversible en termes de retrait social organisé sur les plans des structures en lien avec la prohibition, l'exclusion, la disqualification et les préjugés; éléments défavorisant le développement optimal des personnes directement et indirectement concernées. Quand naître et grandir allaient, soudainement, devenir crime-d'humanité, symbole de rejet systémique, déracinement ontologique, absence, écoeurement systématique... .

      Or, le présent mémoire va chercher à situer cette problématique. D'une part, il va brosser un bref tableau historique sur la question des Enfants de Duplessis. Suivront quelques éléments préjudiciels en lien avec cette cause historique. Quelques recommandations termineront ce mémoire.

      Il est bon de signaler, avant de commencer, que le but et objectif du présent mémoire demeurent moins de porter à la connaissance de la commission des institutions un quelconque jugement prématuré d'une histoire passablement critique (pour ne pas écrire risquée) que de l'aider à se saisir de quelque chose dont il est possible de relancer constructivement quelques bases solides de solidarisation humaine tant au niveau des politiques que des conditions socio-religieuses, économiques et culturelles à partir desquelles des groupes de personnes et/ou des personnes pourraient positivement se re-connaître, se dire et/ou se présenter en tant que personnes-humaines d'abord et avant tout, et ce, moyennant des critères idéo-praxéologiques accessibles au respect des droits et libertés de la personne, des activités ainsi que des choses.

      Enfin, disons-nous qu'il appartient à tous et chacun d'aider à construire le pays, un pays qui nous liera plutôt qui nous exclura, nous rejettera ou nous blessera inutilement... .

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1      Un peu d'histoire...

"nourris de cretons, de gruau et de beurre de pinottes..."
Labrosse, Jean-Guy*****

 

      Suite aux récents événements entourant la démission de l'un et la nomination de l'autre au poste de représentation de la reine (lieutenant-e-gouverneur-e), les difficultés avec diverses directives socio-économiques et leur ascendance socio-professionnelle, politique et socio-culturelle (chasse aux sorcières et réformes...), il importe de situer le Québec dans son histoire, du moins dans les railles qui le gouvernent.

      Tout comme le Canada - ce pays tant aimé par les uns, tant détesté par les autres -, le Québec vit actuellement des moments historiques privilégiés, des moments-critiques instables. Ces moments soulèvent des questions de rapports entre des principes colonisateurs-usurpateurs solides et des pratiques dites "eugénistes", et l'articulation entre elles semblent permettre des épisodes ou des périodes plus ou moins savantes, affirmatives et respectueuses sur les plans des droits et libertés, notamment au chapitre-statistique d'écarts liés à des principes de normalisation et d'institutionnalisation de la différence ou de conduites sociales jugées défavorables à l'épanouissement optimal des collectivités et des personnes. Ces moments tendent à décrier ou à recréer des espaces de libertés contrôlés par des questions de nationalisme québécois légitimes et/ou par la complaisance des pouvoirs politiques, économiques, sociaux et, probablement-encore, religieux. S'ajoutent aussi des parcours anonymes de retrait de situation ou encore des chemins nouvellement ensemencés ou imposés sur les plans idéologiques et pratiques. Finalement, ces moments rappellent l'existence ou la présence de forces vives qui, tantôt, se décrient les unes contre les autres, tantôt se disputent consensuellement le devenir ou l'avenir de "quelque-chose", de "quelque-place", de "quelque-solidarité humaine" d'abord et avant tout... .

      Pour les fins du présent mémoire, retenons quelques éléments de ce que l'on désigne l'époque de l'Enfance-de-Duplessis - et tout en y souhaitant un accueil-chaleureux susceptible de satisfaire non seulement la conscience historique mais également le coeur de la Province du Québec - lesquels éléments engageront , ré-amorceront ou ré-emboîteront quelques solidarités nationales, quelques convivialités annoncées, libératrices de toute expression réductrice, inhibitrice et prohibitrice évoquant, quelque-part, une re-solidarisation, une re-fraternisation des forces sociétales en présence, du moins de celles qui nous concernent... .

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1.2      Contextualisation...

"Que le 25 novembre prochain,
votre croix réponde pour vous!"
Le catéchisme des électeurs, Q. 109.

 

      Que cela gêne ou non la pudeur-québécoise, l'histoire de l'Enfance-de-Duplessis repose sur des questions touchant la gestion , l'administration et l'orientation de la semence-humaine et de matériel propagandiste savamment édulcoré pour des fins d'intérêts non précisément spécifiés. Divers courants idéologiques circulaient et allaient s'enquerir de quelque chose, de quelque place ou de quelque type de personne. Ces courants devaient, paradoxalement, chercher à assumer des intérêts, besoins, droits et activités en lien avec la régulation sociale positivement amorcée ou encore avec des questions de partage des savoirs, des agirs d'orientations politiques, religieuses, sociales et économiques nerveuses, issues de:

mentalités des Alexis Carrel (eugénisme humain, tares hériditaires...);
mentalités religieuses boîteuses (dont l'imprimatur orientait le dogme et son implication...);
mentalités socio-politiques douteuses (nationalisme-conservateur de type néo-libéral-religieux, xénophobisme, jansénisme...);
mentalités anti-sémitiques (peur-fou d'étincelles provenant de d'autres milieux-ethniques, lieux-semenciels... d'origines non-"canadiennes-françaises-chrétiennes" ...xénophobisme, jansénisme).

      Ces divers courants annonçaient, en pratique, l'un des plus grands-sacrifices humains de l'histoire de la Province du Québec: la disqualification-de-légitimation (incapacité légale d'accéder au rang d'héritier) de personne provenant ou relevant du tabou ou de légitimité d'origine sexuelle, moyennant l'utilisation de techniques de persuasion, d'assimilation, d'aliénation, d'exclusion ou d'interdiction et de contraintes humaines douteuses passablement encouragée. Cette utilisation de techniques -moyenâgeuses...? - impliquait, favorablement ou défavorablement, autant les milieux politiques, religieux, sociaux qu'économiques, culturels et professionnels. Et l'aristotélicisme-thomiste******, tout comme -semble-t-il- ce duplessisme-nationalisme de type fasciste, en fut un des principaux véhicules idéo-praxéologiques/axéologiques et épistémologiques de type ultramontain et puritain (ou quand le christianisme de l'époque allait se prononcer en faveur du pro-franquisme, du pro-nazisme). Qu'ajouter de plus...? Ou quand l'histoire se raconte...se construit...se détruit... parfois, dès avant la naissance, pendant les tout premiers pas ou de la vie... ou de la mort... . Vers un Québec-fou de ses "enfants"... ?

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1.3      Histoire-mémoire...

"... le pouvoir des mots..."
Roy, Bruno*******

 

            1.3.1      - Nous, en tant qu'Enfants de Duplessis°, nous provenons d'ailleurs et autrement. Notre fondement, en tant que personnes-humaines d'abord et avant tout, relève du tabou ou de la légitimité d'origine sexuelle°°. Nous étions perçu-e-s non seulement comme des victimes innocentes d'un système préconisant un nationalisme-conservateur fou, de type néo-libéral, mais également et, surtout, comme la "blessure-nationale-ouverte" de la Province du Québec... une blessure gênante, une blessure autorisant des remises de question existentielle farouches, parfois de nature autoritaire et concentrationnaire, parfois-souvent de type silencieux. Nous avons été mis-es carrément à l'index de la société et avons été traité-e-s et considér-e-s -ni plus ni moins - comme des enfants-du-péché, comme des pupilles de l'Etat (enfants illégitimes, abandonnés, bâtards, son of a bitch, cochons-à-boucherie, enfants-de-puts, déchets-de-la-société...).Etions-nous dès lors situé-e-s au plus bas rang de l'échelle sociale avant même que nous naissions. Bof... !?

            D'une part, on nous positionnait dans le chemin de la honte, de l'humiliation et de la peur (préjugés entretenus, cadre diagostique préventif...). Et, d'autre part, on nous situait dans des structures d'aide et d'accompagnement passablement déficitaires (encadrement médico-psychologique/éducatif, religieux-politique), onéreuses en termes de flagrants manques de respect et de dignité relativement à nos conditions d'être et d'existence comme des personnes-humaines d'abord et avant tout. Sans aucun droit ni aucun support successoraux reconnus (quand des prestations de rentes d'orphelin-e-s nous échappaient carrément, sans mot-dire...), nous étions convié-e-s, plus-souvent qu'à notre tour, à des devoirs passablement douteux et douleureux, et ce, sans omettre ces incroyables corrections de nature psychologique et physique, voire même des séjours prolongés dans des «cellules», dans des cabinets d'aisance et même dans les poubelles (quand boire son urine et/ou manger ses excréments de force... devenaient des "denrées impérissables", des principes de "real-therapy"... ou de conditionnement opérant, mécaniste...) ou quand vivre de "molasse et de cave" constituait des "souffrances-de-trop"... ou-encore quand... prendre les douches-froides... à quatre ou à cinq... comme s'il manquait de places, d'endroits convenables...). Contentions psychologiques, physiques, chimiques... ou électro-chocs... Que s'est-il donc passé et vécu dans cette si belle Province du Québec... ? Le savons-nous... ?

            Notre présence dérangeait non pas les structures patrimoniales et familiales de la Province du Québec, mais bien la manière de les gérer, de les administrer, i-e., de les autonomiser ou de les autodéterminer, et ce, dans un contexte d'humanisation éventuelle de donation-réception de services de la santé et des services sociaux en quête d'équilibres nouveaux à soutenir ou à promouvoir (qui précède non pas la Révolution Tranquille, mais bien la Révolution Silencieuse°°°).

            Aujourd'hui, nous sommes des personnes dites "analphabètes fonctionnelles" à 80%; vivons de prestations gouvernementales accordées (la majorité d'entre-nous...) et; éprouvons, semble-t-il, des difficultés majeures d'accommodation et de socialisation (victimisation, récits d'incapacité ou d'handicap dérivatif, dérisoire... tatata°°°°). Finalement, notre présence soulève, encore-aujourd'hui, des cheminements tensionnels et réactionnels particulièrement bouleversants (questions de bio-éthiques, de typologie structurelle d'ensemble, d'encadrement médico-psychologique et social, politique, religieux et/ou économique, de processus d'humanisation élargis...).

            Dans l'ensemble, nous avons souffert non pas nécessairement notre naissance, notre séparation, ni non-plus notre volonté de sur-vivre (cette fleur, cette herbe qui traversaient le bitume et l'asphalte... une expérience fantastique devant tant d'imbécilités... ou quand la nature se chargeait de nous instruire là où l'intelligence faisait possiblement "défaut"...) ou de se prononcer et se présenter comme des personnes-humaines d'abord et avant tout... mais bien du "silence" - de la mécompréhension ou encore de la "folie" - des uns des autres, en particulier, des autorités religieuses°°°°°, politiques, sociales ou publiques... sensées "nous" desservir ou servir démocratiquement, volontairement, humainenement... . Cette souffrance qui, finalement parviendra à sa pleine libération, autodétermination..., ne remplacera ni Père, ni Mère et ni Indemnisation... Cette souffrance et cette présence qui tendent à rappeler au législateur que son oeuvre est moins de réguler que de permettre une qualité de vie sociale en dehors de toute contrainte humanitaire inutile de type «eugénique», maintenant ou non la socio-dépendance et les disqualifications (préjugés et étiquettes dans le dos...). Qu'en savons-nous... ? Notre mémoire en fait foi et raconte... . L'an prochain... ? Pourquoi pas... ?

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            1.3.2.1      Lamisère.      - Je suis né à St-Térèse de Blainville. Chez une madame et le monsieur. Et je le conais pas, et je suis tranféré à la crèche St-François d'Assise. Je demeurais à la crèche St-François d'Assise jus qua l'age de sept ans javais sept ans, et le trente juin 1946 en mille neuf cent-quarante-six. Et après y mont tranfèré à l'Orphelina Huberdeau.

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            1.3.2.2      Mon enfance.      Quand j'étais tout petit jétais à l'orphelinat Huberdeau, janmais pas sa parce que jai eu de lamisère, il me donne de la strappe ou en pénition parce que je mangais pas de viande. J'ai eu de la d'ifficulte à apprendre en classe, parce que y me donna la claque par la têt, et aussi était très tros séverre, et de la displine. J'aitai toujours en pinitence et la volée parce que le frère il aimait pas ma fasse. Le frère était pas normal et tros nerveux. Quand jetais aux doctoir pour se coucher le soir, durant la nuit, le frère il mas réveiller pour me faire le sèxe embrasser bouche à bouche et crosser par le pénis. J'ai même manger de la marde. J'ai même faire des crises de fou parce que j'étais tanné avoir de la strappe. J'ai même garoché une tasse dans le front du frère. Jétais aubout de mes forces, et je brouiallais sovent parce que j'étais tanné. Quand jai sortir Huberdeau, javais environt quinze et seize ans. Il mas tranfèré chez un cultivateur qui demeurais à St-Lin des Laurentide, chez Monsieur et Madame (...RH...), et apprès j'ai partir travailler a St-Guillaume chez un cultivateur qui s'appelle Monsieur et Madan (...PV...). Je travaillais zéro cent par semaine et jai été à St-Lin des Laurentides et a St-Guillaume environt 20 à 22 ans. Apprès, jai retourné à Drummondville pour travailler à la tellier protéger environt huit ans.

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            1.3.2.3      Ce que je ressent.      Ce que je ressent aujourd'hui. Je me sent toujour rejèté dans la sociéte. J'ai moin d'amie et plus de préjuger dans la vie de tou les jours, parce que je suis un orphelin. Je me ressent toujour seul da la vie de tou les jours. Aujourd'hui, je me sent pas aimer parce que je suis un orphelin. Les orphelins et orphelinnes on eu tous de misère dans la vie. Je souffre encort aujourd'hui sa va resté dan la mémoir, que la souffrance que j'ai vécue.

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            1.3.2.4      Ce que je voudrais que le gouvernement fasse.     
                              Une compensation n'est pas un remboursement.
                              Une compensation répare en partie les dommages institutions.

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            1.3.2.5      Le poème de St-Valentin.
À toi pour la St-Valentin.

J'ai manqué d'affection quand j'étais tout petit.
Je me sentais aussi abandonné dans la société.
Parce que je suis un orphelin de Duplessis.
Tous les orphelins et orphelines ont manqué
d'amour et d'affection dan la vie.
Et j'ai connu de la misère dans ma jeunesse.
J'aurais toujours aimé avoir mes parents.
De l'amour, l'amitié, de la tendresse, de la compréhension.

                    Gustave, 14 février 1997
            Poème des Enfants de Duplessis

*****
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1.4      De cette histoire-mémoire, retenons...

"... qui a le championnat des souffrances..."
Mme Signori
Députée de Blainville
(22 janvier 1997, vers 11h30)

 

      La souffrance découle toujours d'un quelque sens-historique qu'on peut ou non négliger ou paroler et mémoirer. Le fait de paroler et de mémoirer la-souffrance indique, de notre part - du moins de celle qui nous appartient de transmettre -, que ce que notre-mémoire parole et symbolise sans plus, sans moins, et nous donne du sens, de la vie, de l'espoir comme de l'inespoir, de la mort et du non-sens. Personne n'invente, sauf si intérêts différents ou oppositionnels volontaires, innocents, manipulés, ou-encore, convoités.

      Le préjudice majeur qui a été exercé auprès des Enfants de Duplessis (enfance-abandonnée, enfance-illégitime) et qui a tant attiré de souffrance (ou quand le championnat inquiète la conscience, l'inaction ou l'action...), re-soulignons-le, fut de les positionner dans un idiome mental et une pratique déficitaires, principalement responsables de problèmes liés, par exemples, à leur développement psychique (spirituel, émotionnel, intellectuel,éthique...) et/ou physique voire corporel (intégrité physique perturbée...); lesquels problèmes ont, vraissemblablement, porté atteinte à leur autorité en tant que personne-humaine d'abord et avant tout... . Crime-d'humanité... ? ou quand de la parole-paroler raconte-récite-explique la mémoire mémoirée. De cette mémoire, retenons que nous n'avons pas "peur" de la mémoirer, en temps et lieu. Aujourd'hui, c'est peut-être le temps... le lieu... . Qu'en savons-nous... ? L'an prochain... ?

      Notons, finalement, une petite idée de retention-historique. Différents chemins portent et transmettent du sens même si contestés favorablement ou défavorablement, avec génie ou avec idiotie, de l'intérieur comme de l'extérieur. Un petit exercice... ? Allons-y ... voir. Quelle différence existerait entre la parole de A et la parole de B:

 

A : ... nous provenons d'ailleurs et autrement/du tabou ou de la légitimité d'origine sexuelle...
B : ... Je suis né à St-térèse de Blainville. Chez une madame et le monsieur. Et je le conais pas, et je suis tranféré... .?

      Ces paroles, différentes dans leur structure et dans leurs forces idiomatiques, sémantiques ou syntaxiques probablement,

disent et disent,

(ou re-disent pour "les oreilles ou les yeux opaques" volontairement ou non...),

la même chose, la même réalité, parce que issues, tout simplement, de la mémoire-mémoirée similairement vécue et sur-vécue... . D'autres paroles-mémoires peuvent s'y ajouter, celles se rattachant, en particulier, aux questions sur le processus d'aliénation et d'infantilisation des personnes, les niveaux de mentalisation provoqués/orientés, les domaines de la désinformation, de la propagande... du temps de l'Enfance-de-Duplessis. Contentons-nous d'indiquer, ici et maintenant, que la recherche se poursuit ailleurs et autrement... .

      En conséquence, de cette histoire-mémoire, retenons que s'il "ne sert à rien de poursuivre la victimisation des auteurs des fautes et des victimes elle-mêmes" (M. Daniel Jacoby, 22 janvier 1997, vers llh 30), il importe, malgré tout, de re-connaître de meilleures raisons que celles touchant précisément l'innocence-historique ou une complicité ou une certaine complaisance- épistémologique trop difficile à délier (par exemples:droits ou mentalités d'époque, léthargie politique, religieuse, incapacité budgétaire, sur-peuplement...yahou-yahou... .),comme pour ne pas devoir ni pouvoir chercher à décrire l'itinéraire, le rôle, la place de personnes réputées abandonnées, illégitimes... de l'époque qui nous intéresse. Sachons, plutôt, reconnaître et retenir que ce dossier demeurera ouvert tant et si longtemps que l'ambiguité s'y posera en questions, en questionnements... tant qu'il se présentera des témoins se tenant debout devant l'histoire... la mémoire ou faisant histoire... mémoire... .

      Cette histoire est-elle racontable publiquement... ? Osons saluer ici l'oeuvre des Jean-Guy Labrosse (celui qui, pendant ou après notre-souffrance institutionnelle, annonçait le début de notre histoire), des Alice Quinton, des Yvette Gascon... (celles qui honoraient et poursuivaient notre histoire), des Hervé Bertrand (celui qui, en collaboration avec d'autres, a présidé et coordonné les activités du Comité), des Lucien Landry (celui qui, en collaboration avec d'autres, a sans cesse questionné toutes ces structures institutionnelles dont les murs-racontent-l'histoire), des Bruno Roy (celui dont les mots font danser, chanter la sagesse, le coeur...), de toutes-autres personnes (celles dont la mémoire demeure source de libération... et d'histoires de l'Enfance-de-Duplessis...). Saluons, également, toutes ces personnes qui ont nourri notre histoire ou qui ont aidé à semer quelques fleurs, quelques herbes d'amour et de liberté ou, encore, qui nous ont encouragé à poursuivre notre oeuvre-historique, notre oeuvre-épistémologique... . Finalement, saluons notre présence... ou quand l'expérience fait rarement défaut... et... raconte... . En sommes-nous témoins... ? Ou quand briser les murs-du-silence inquiète ou constitue une façon autre de vivre ou de sur-vivre... .

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2      Quelques éléments préjudiciels...

"Sans vous blesser, les Enfants Illégitimes,
de l'époque de Duplessis, étaient considérés
comme des 'cochons-à-boucherie' qu'on
devait ne plus revoir; nous n'avions
aucun contrôle là-dessus. C'était scandaleux.
Je suis content que vous soyez de retour...!"

Camirand, G.,
Retraité. 75 ans.
7 juillet 1996

 

      Ou quand l'enfance-abandonnée-illégitime-oubliée cochonnait la honte, l'humiliation, l'exclusion... de la Province du Québec du temps de l'Enfance-de-Duplessis... . Ou quand , en termes de gestion et d'administration des questions (ou des compétences) regardant l'identité ou la conduite nationale, collective, interindividuelle et individuelle et le partage des pouvoirs, des savoirs et des agirs, le Québec-du-temps-de-Duplessis allait déraciner ou déracinait ses propres enfants autant que les enfants-des-autres... comme s'il s'agissait ou bien de vérifier l'étendue préjudiciable des problèmes reliés au tabou sexuel, au complexe-de-l'abandonnisme, ou bien, par la peur-bleue des-rouges, de purifier l'histoire-québécoise, ou bien, de pratiquer une quelconque forme de reddition-eugéniste de nature politique,religieuse, socio-culturelle-ethnique, économique, éthicologique... comme sur le dos-d'enfants-victimes/victimisables... sans défense... sans préjudice... ?

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2.1      Quelques exemples de préjudices préjudiciels...

"Le ciel est bleu, l'enfer est rouge..."
Temps-de-Duplessis

 

      Le Petit Robert (1979, p. 1512s) évoque deux sens du mot préjudice. Ce mot provient de deux mots latins indiquant, d'une part, jugement anticipé, et, préjuger, d'autre part. Ces deux mots, réunis ensemble, donnent, quelque part, le terme de préjudice. Ce mot rappelle deux sens précis que voici:

- Perte d'un bien, d'un avantage par le fait d'autrui; acte ou événement nuisible aux intérêts de quelqu'un et le plus souvent contraire au droit, à la justice;
- Ce qui est nuisible pour, ce qui va contre (quelque chose).

      Pour les fins du présent mémoire, contentons-nous de mentionner,et ce, sans discussion supplémentaire ni préjudice, en termes d'éléments préjudiciels, les caractéristiques suivantes. Mentionnons donc:

Des activités en lien avec le tabou ou de la légitimité d'origine sexuelle:

Statut et découlants de statut de personnes nées d'ailleurs et autrement et/ou nées en dehors des liens sacrés du mariage (enfance-abandonnée, enfance-illégitime);
Découlants de la disqualification-de-légitimation légale, psychosociale (incapacité légale d'accéder au rang d'héritier, bâtardisation, créchardisation...);
Découlants d'ordre psychologique, physique, social (atteinte à l'intégrité et à la crédibilité des personnes par des moyens ou des techniques d'assimilation, de marginalisation, d'exclusion et/ou d'aliénation, de honte, d'humiliation, de dépossession, de bruit ou du silence);
Découlants d'ordre médico-psychologique et social (diagnostique, pronostique, traitements, silences);
Découlants d'ordre émotionnel, intellectuel, affectif (infantilisation, aliénation, socio- dépendance, niveau de mentalisation, déracinement/destabilisation ontologique, carence...);
Découlants d'ordre instrumental (institutionnalisation, placements, types d'intervention);
Découlants d'ordre politique et/ou religieux (boucs émissaires, jansénisme, victimisation, néantisation, nihilisation, exclusion, rejet, processus-du-tabou);
Découlants d'ordre éthicologique et sociologique (préjugés et étiquettes, moralisme, psychologisme, puritanisme, pro-carrelisme/pro-xénophobisme et imbécilisme-chronique...);
Découlants d'ordre développemental (atteinte ou abus d'autorité de nature psychologique, physique, sexuelle, instrumentale, développementale ou autres... sur l'intégrité, la crédibilité, l'initiative et le développement de la personne dans son ensemble);
10° Découlants d'ordre sémantique de différenciation (orphelin, abandonné, illégitime):- contrôle et/ou manipulation dirigée des registres des naissances (modification des statuts recherchée... ?)... ?

Des activités d'origines politiques, religieuses, sociales:

Découlants des activités politiques et propagandistes (le catéchisme des électeurs, colonialisme, nationalisme-conservatisme de type néo-libéral et fasciste, xénophobisme, ruralisme...);
Découlants des activités religieuses et propagandistes (le P'tit catéchisme du Québec, le manichéisme, le pro-jansénisme-carrelisme, l' éthicologisme ou moralisme , le séraphisme, le dolorisme , le pentocratisme ou imprimatur et doctrines);
Découlants des activités sociales et propagandistes (nationalisme-xénophobisme, carrelisme, exclavagisme psychologique et physique, domination instrumentale et exploitation);
Découlants des véhicules mentaux et intellectuels (aristotélicisme-thomiste, déplacement stratégique des idiomes mentaux d'origine ethnique, socio-culturelle, socio-économique et socio-politique) nettement ou volontairement "indifférenciés" ou, simplement, décourageants, embarrassants, infantilisants, abâtardissants... ;
Découlants des véhicules socio-professionnels (corps médical, corps infirmier, corps psychologique, corps éducatif, corps légal, corps social/professionnel, corps socio-industriel);
Découlants des véhicules éthicologiques (méritocratie, apparence, charité-chrétienne, intellectualisme-moralisme hautains et puritains, "power-trip" entre les autorités politiques, religieuses et socio-économiques, imbécilisme ou infantilisme , sotériologisme-mercantiliste, axéologisme, psychologisme, "prieurisme");
Découlants des activités des conditions de travail ("patronisme", syndicalisme, évangélisme ou bénévolisme);
Découlants ,habilement ou non et/ou par ignorance-crasse, des qu'en savions-nous, des qu'en s'en-foutisme, des qu'on s'lave les mains... .

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2.2      De ces quelques éléments préjudiciels, retenons...

... ou le Québec de l'exil...
Fafouin*** (21/02/1997);
inspiré de Lm 1,3.

 

      De ces quelques éléments préjudiciels de cette époque, Temps-de-Duplessis, sachons retenir qu'il est facile de critiquer l'opposition des ressemblances, l'opposition des divergences, l'opposition des convergences, et/ou-encore, l'opposition des bruits-et-silences... des oppositions reconnues démocratiquement et légalement. Il est, aussi, très facile de les opposer dans des contextes préjudiciels légaux, démocratiques et éthicologiques fondamentales ou accessoires. Et la majorité des personnes issues de l'Enfance-de-Duplessis en conviennent... sauf en ce qui touche aux questions portant atteintes à l'identité, l'intégrité, la dignité, la crédibilité et le respect des personnes-en-cause, dont la coalition politico-religieuse, médico-psychologique, éducative, avec/sans l'aide de l'appareil judiciaire, en fut probablement mutuellement/innocemment responsable.

      Reconnaissons. Le Québec du Temps-de-Duplessis pratiquait des activités en lien avec, en particulier, une certaine lutte contre des irritants dits majeurs (la recherche constante du bouc-émissaire, mentionnons ici le Parti Libéral, les Trusts, les Juifs, les Anglais) afin de l'encourager à devenir un peuple, le peuple libre, par et pour des "canadiens-nes-français-ses" (langage de l'époque), et ce, sous influence provisoire ou généreuse du christianisme d'alors. Le "tabou-sexuel" et le "complexe-de-l'abandon" de cette époque jouaient, pourtant, un rôle-et-place, prépondérants, stratégiques, et ce, dans la gestion et l'administration politico-religieuses de la Province, dont leur présence, leur participation, leur opposition étaient particulièrement "remarquables" par rapport aux autres époques, et les registres des naissances difficilement accessibles ou carrément interdits aux non-initiés, aux particuliers. Une époque d'auto-protection ou de nationalisme fou, et ce, à l'échelle mondiale. Des questions peuvent favorablement s'y poser. En voici quelques unes:

Que cherchait-on à faire sur le dos des personnes abandonnées, illégitimes... ?
Quelle était la provenance politique, économique, socio-religieuse, statutaire, identitaire de ces personnes abandonnées, illégitimes... ?
Quelle était la place et quel était le rôle des personnes abandonnées, illégitimes... ?
Quelle était l'identité réelle de ces personnes, son rôle... ? sa place... ? son contexte identitaire, statutaire précis... ?
Ces personnes devaient-elles servir d'appâts, d'otages, de rançons pour des fins de stratégies, d'organisation, de gestion et d'administration idéologiques, praxéologiques, axéologiques d'origines ou d'orientations politiques, religieuses, économiques, médico-psychologiques, sociales de la Province du Temps-de-Duplessis... ?
Quelle était la place, quel était le rôle du bouc émissaire... dans cette histoire? Sauf la part des "Juifs", comment expliquer son silence...?... son désintéressement chronique...?... ses boutardes historiques... ? ... son absence... son incapacité politique, économique (en particulier du "Parti Libéral", des "Anglais", des "Trusts", pour ne pas les mentionner... .)... ?
Et la participation de la "presse" parlée/écrite, des milieux intellectuels, de la "population"... entourant directement ou indirectement cette histoire des Enfants-de-Duplessis... ?
Quelle était la place et quel était le rôle des Registres des naissances au Temps-de-Duplessis... ? Ont-ils faits l'objet de manipulations stratégiques, orientées, convoitées... ?
Quelle part devaient-ils jouer le tabou ou la légitimité d'origines sexuelles ainsi que le complexe-de-l'abandonnisme au Temps-de-Duplessis... ? Et la culture-du-milieu... ?
10° Le Québec d'alors était-il une province, un peuple, une nation , une collectivité libres... ?
11° D'autres questions, d'autres questionnements à soulever... ? Pourquoi pas... ?

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Pour ne pas conclure...

"Comme dans l'eau le visage répond au visage,
ainsi chez les hommes les coeurs se répondent."
Proverbes 27,19*

 

      Temps-de-Duplesssis... ! Temps-de-dieu...? Temps-de-l'exil... ? Temps-de-la patience... ? Temps-de-l'ailleurs-et-autrement... Temps-de-l'ici-et-maintenant... ? !

      Pendant que... que pendant... Est-il opportun de re-dire que...:

      Pendant que les autorités religieuses contrôlaient les questions entourant le tabou ou la légitimité d'origines sexuelles ainsi que certaines assises regardant le complexe-de-l'abandonnisme (Registres des naissances, cultures -des-milieux, retards de développement, carences affectives...), l'Etat, quant à lui, reconnaissait, tout-au-moins, trois droits principaux (aujourd'hui: "d. Fondamentaux"), savoir la liberté, la sûreté et la propriété (Se référer au: Le catéchisme des électeurs 3d.).

      Pendant que les adultes dansaient ou méditaient le Minuit-Chrétien, les Enfants Illégitimes, du Temps-de-Duplessis, vivaient de la molasse et de la cave... . Et, les Enfants abandonné-e-s... ?

      Pendant que les fous-criaient-au-secours, les Enfants-de-Duplessis, quant à eux, furent positionné-e-s dans un idiome mental et une pratique déficitaires, principalement, repête-t-on le, responsables de problèmes en lien avec leur développement psychique (spirituel, émotionnel, intellectuel, moral...) et/ou physique, voire corporel (intégrité physique perturbée...).

      Pendant qu'il s'y vivait la Shoah des juifs-juives, il y a eu, à l'échelle mondiale, ce qu'on pourrait nommer la "shoah-de-l'enfance-triste"... .

      Pendant que le Temps-du-rapport-Bédard allait, probablement-positivement, anticiper une "quelconque" révision des structures d'aide, d'accompagnement et d'encadrement du réseau de la santé et des services sociaux (dé-confessionnalisation ou laicisation...) , Ma chienne de vie apparaissait...et... trente-trois ans plus tard, notons le Rapport-Jacoby... .

      Début de la révolution silencieuse québécoise... ?... celle qui va nous permettre, en tant que peuple-québécois, de poursuivre sa liberté, son autodéterminsation ainsi que ses solidarités humaines, de les re-situer dans leur intégrité, leur complicité, leur crédibilité, leur globalité... et leurs intensités et forces ou de vivre ou de mourir ou, encore, de simplement-naître vivants-vivantes. Surtout d'écouter et, par ailleurs, ne pas chercher ni à oublier ni à se faufiler devant sa propre-mémoire, sa propre-histoire en tant que peuple appelé à libérer humainement et positivement son propre-chemin d'être et d'exister comme des personnes-humaines d'abord et avant-tout...! Un défi pour toutes celles et pour tous ceux appelés, sinon ailleurs et autrement ou ici et maintenant, à vivre la totalité de leur intensité, de leur humanité, et ce, sans discrimination ouverte contre le droit et devoir de s'assumer ou de vivre dans le respect et l'intégrité de la différence en tant que peuple, nation, collectivité et personnes-humaines. En sommes-nous témoins... ?

      L'histoire de l'Enfance-de-Duplessis tend à le rappeler, sinon dans ses activité, sa propre-mémoire autant dans ses aspects liés à l'individualité que dans ses orientations et applications de l'ensemble. Ou quand naître devenait crime-de-lèse-majesté... . Voyons-donc...!?

      Une belle histoire, sommes-toute, à ne pas répéter... mais tout simplement assez belle pour ne pas l'oublier et pour re-lancer ce dont il est possible de vivre, de naître et de mourir dans la paix de tous et chacun... En sommes-nous capables... ? Ou quand «naître, c'est se séparer» (Bruno Roy), ou aussi, se sé-parer... !?

      Souhaitons que... oui... .

      Amitiés...

      Merci...

      Ya-hou, shalom... .

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RECOMMANDATIONS

 

"Ecoute, Québec..."
Fafouin***
inspiré de Dt 6,4.

 

      En conséquence, plaise au Premier Ministre de la Province du Québec et, en toute amitié, aux membres de l'Assemblée nationale, d'accueillir favorablement les recommandations suivantes. Plaise donc d'/de:

 

Autoriser une minute-de-silence à toutes ces personnes matricidées ou avortées, mort-nées ou commercées à cause de leur statut d' Enfants Illégitimes au Temps-de-Duplessis;

Autoriser une minute-de-silence à toutes ces personnes qui ont fermé les yeux avant ou pendant la créchardisation, l'orphelinisation, l'institutionnalisation;

Autoriser une minute-de-silence à toutes ces personnes qui se sont enlevées la vie pendant ou après leur passage institutionnel parce que trop fatiguées de vivre cette mort-vivante ou à cause de leur statut d'Enfants illégitimes, abandonnés;

Autoriser une minute-de-silence à toutes ces femmes dont les pleurs n'ont cessé de larner la souffrance liée à l'abandon, au rejet, à l'exclusion, à la mécompréhension, à la honte, au silence;

Autoriser une minute-de-silence à tous ces hommes dont la semence les a quitté ou échappé;

Autoriser une minute-de-silence à toutes ces familles blessées ou brisées par la honte, l'humiliation, les pressions politiques, religieuses et/ou sociales et économiques du Temps-de-Duplessis sur la question de l'Enfance-illégitime, l'Enfance-du-péché, l'Enfance-abandonnée;

0°° Autoriser une journée-fériée nationale québécoise des Enfants-de-Duplessis afin de rappeler la mémoire-histoire, d'oublier ou de re-construire un peuple, une nation, une collectivité libres et responsables;
0°°° Autoriser volontairement et librement des excuses officielles raisonnables;
0°°°° Autoriser des indemnités-de-statut (enfance-illégitime, enfance-abandonnée, enfance-orpheline);
Autoriser une commission-parlementaire nationale permanente de réflexion, de consultation et de surveillance relativement aux questions entourant le tabou et/ou la légitimité d'origines sexuelles;
Autoriser une commission d'enquête nationale sur des problèmes de régularité ou de légalité (modification discrétionnaire ou non des statuts identitaires/autres...) concernant la responsabilité, la confidentialité, l'accessibilité , l'intégrité, le contrôle ou la manipulation des registres-des-naissances du Temps-de-Duplessis au Temps-de-Duplessis en rapport avec les Enfants-de-Duplessis, et après;
Autoriser une refonte-majeure des services d'adoption actuels (raisons: lenteur administrative, obstruction légale, politique, sociale et/ou religieuse inutile ou défavorable... );
Autoriser la libéralisation et l'accessibilité des registres-des-naissances, du Temps-de-Duplessis, pour fins de consultation, de reconnaissance et de référence statutaires, identitaires des personnes appartenant à l'Enfance-de-Duplessis (quand ces personnes étaient toutes ou majoritairement d'origines "canadiennes-françaises");
Autoriser aux Enfants-de-Duplessis, concernés et sur-demande, la reconnaissance et l'accessibilité volontaires (sans formalités administratives compliquées et/ou onéreuses inutiles) à des services directs:

A: de nature bio-psycho-sociale et socio-communataire concertée;
B: de nature socio-professionnelle (programmes ou mesures permanent-e-s d'employabilité);
C: de nature financière permanente (programmes ou mesures de soutien-financier...);
D: de nature instrumentale (services funéraires, épitaphes, lieux de sépulture gratuits...);

Autoriser favorablement et positivement la conduction des recommandations contenues dans le Rapport-Jacoby sur les Enfants-de-Duplessis moyennant les considérations suivantes:

A: tenir compte, dans l'administration et la gestion des mécanismes d'attribution et des indemnités aux personnes accessibles :

a. de l'âge de la maturité de cette époque (21 ans);
b. des années de prise-en-charge étatiques plutôt qu'uniquement des années- institutionnelles;
c. du statut des personnes (enfants illégitimes, abandonnés, orphelins);

Autoriser favorablement et positivemnent la conduction des recommandations contenues dans le Mémoire-du-COOID;
Autoriser favorablement et positivement l'harmonisation des recommandations actuelles et/ou subséquentes, et ce, sans préjudice ni restrictions préjudicielles volontaires ou disgracieuses et/ou discriminatoires;
10° Tourner la page.

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Indication de notes

 

*: Kahn, Zadoc et al., La Bible, Librairie Colbo, Paris, 1983, 1222p.
**: matricidées: Ce terme sert à désigner, en particulier, toutes ces personnes qui sont mortes dans le ventre de leur mère pour des raisons de pressions de natures politiques, religieuses et/ou économiques et sociales, et ce, sans l'aide de mécanismes d'interruption volontaire ou in-volontaire de grossesse usuellement reconnus ( terme équivalent de:infanticides matricielles).
***: Fafouin: Nom de plume de Marcel Blais, Enfant de Duplessis.
****: Boulet, Gerry: Un des grands-esprits-québécois de notre temps qui a su, en particulier, se tenir debout, autant dans les difficultés que dans le bonheur, ses passions, ses cris-d'amours-et-d'amitiés québécois.
*****: Labrosse, Jean-Guy: Enfant de Duplessis. Auteur de: Ma chienne de vie et autres.
******: Aristotélécisme-thomiste: Terme volontairement déformé servant à désigner une des expressions de la mentalité de l'époque de Duplessis (se référer à: Scolastique, ou philosophie médiévale chrétienne usuellement utilisée au Temps-de-Duplessis, servante de la théologie... ou de l'idiotie humaine... ?).
*******: Roy, Bruno: Enfant de Duplessis. Auteur de: Mémoire d'Asile. Président du COOID.
°: Enfants de Duplessis: Ce terme sert à désigner, en particulier, les Enfants-Illégitimes, les Enfants-Abandonnés, les Orphelins-Institutionnalisés (nés de Parents-Inconnus) du Temps-de-Duplessis.
°°: Tabou ou légitimité d'origine sexuelle: L'expression chrétienne de la Torah a donné lieu à des interprétations théorique et pratique passablement "aliénantes", "in-habiles", voires "dé-conseillées". Expression d'endoctrinement et d'assimilation d'une parole autrement et ailleurs mésinterprétée, ou interprétée, en dehors de son contexte, de son précieux texte. Foutaise... ? Ou quand le dieu du christianisme devenait ou devient soudainement hors-dieu, hors-présence, hors-humain, pour ne pas oser re-dire: imbécile. Trop d'enfants ont souffert à cause de cette folie de nature janséniste.
°°°: Révolution Silencieuse: Ce terme sert à désigner ... pour une épistémologie criticible... ouverte à la différence... . Tôt ou tard, nous l'écrirons... .
°°°°: Tatata: Onomatopée indiquant, précisément, l'indignation, la frustration, le refus du silence... non pas l'intolérance, l'indifférence ni la résignation... . Ou quand on fait passer les questions de carences affectives, de culture-du-milieu comme principaux facteurs des difficultés en lien avec l'Enfance-de-Duplessis... et, par conséquent, d'intervention spécialisée de nature médico-psychologique et éducative reconnue du Temps-de-Duplessis... alors que... . Poursuivons la démystification... !
°°°°°: Autorités religieuses: Nonobstant la présence des sept, la filière-dominicaine, dont nous avons abouti, possédait, également, des Torquemada exerçant, farouchement ou silencieusement-parfois, des activités en lien avec des mécanismes d'assimilation, d'aliénation et d'exclusion de natures psychologique et physique de la vérité, de la personne-humaine... ou quand de son répertoire idéo-praxéologique et axéologique ressortait un aristotélicisme-thomiste enrichissant l'idiotie, "déficitisant", "acétatisant" ou "silenciant" le droit et devoir de naître, de vivre, de mourir, d'être et d'exister... comme des personnes-humaines à part entière... Ou quand la différence destabilisait (peut-être aujourd'hui aussi) le régime ou qui endurait (même aujourd'hui, aussi...) le silence ou la folie des autres, de l'un... Bof...!?

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Indication de citations

Toute citation de ce mémoire, partielle ou totale, est autorisée si indication de la source.

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Source rédactionnelle

Blais, Marcel et Gustave Imbert, Mémoire déposé à la Commissions des Institutions concernant les Enfants de Duplessis, s.é., Drummondville, Février 1997, 20p.

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Remerciements

De ce mémoire, Gustave et moi tenons à saluer et à remercier toutes ces personnes et organismes dont la collaboration idéelle fut intéressante, passionnante et/ou critique ainsi que le soutien moral et technique des membres et personnes-ressources du Mouvement des Personnes D'Abord de Drummondville.

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Adressographie

Marcel Blais et Gustave Imbert, a/s Mouvement des Personnes D'Abord de Drummondville, 405, rue des Ecoles, local A-08, Drummondville, Québec, J2B lJ3 (téléphone: 8l9-478-3899; télécopie: 8l9-477-0972). E-MAIL : mpda@mpda-drummond.qc.ca

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